C’est une petite musique qui monte dans le monde de l’épargne : après des années de vaches maigres, le fonds en euros de l’assurance vie reprend des couleurs. Les taux servis au titre de 2026 ne seront officiellement connus qu’au début de 2027, lors des annonces des assureurs, mais les projections publiées cet automne dessinent déjà une tendance nette : la remontée des rendements se poursuit, portée par le niveau élevé des taux obligataires.
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Vers 2,90 % de rendement moyen en 2026, selon les projections #
Le cabinet indépendant Good Value for Money, dont le baromètre annuel fait référence sur l’épargne vie individuelle, table sur un rendement moyen des fonds en euros de 2,90 % au titre de 2026, contre 2,65 % en 2025, puis de 3,20 % en 2027. Ces chiffres, détaillés dans une analyse publiée début octobre par Meilleurtaux Placement, restent des prévisions : rien n’est garanti tant que chaque assureur n’a pas annoncé son taux. Après prélèvements sociaux de 17,2 %, les 2,90 % attendus représenteraient environ 2,40 % nets.
La projection n’a rien d’isolé : BforBank évoquait fin septembre la même trajectoire vers un rendement moyen de 2,90 % en 2026. Pour mesurer le chemin parcouru, il faut se souvenir que le rendement moyen plafonnait à 1,30 % en 2020 et 2021 : en cinq ans, il aurait donc plus que doublé.
Pourquoi les taux remontent : la mécanique obligataire #
Le moteur de cette remontée est simple à comprendre, mais lent à produire ses effets. Un fonds en euros est très majoritairement investi en obligations : fin 2022, elles représentaient en moyenne 75 % de son actif, selon Good Value for Money. Or un portefeuille obligataire ne se renouvelle pas d’un coup. Pendant les années de taux très bas, voire négatifs, les assureurs ont dû acheter des titres à faible coupon, qui pèsent encore sur la performance.
À mesure que ces vieilles obligations arrivent à échéance, les assureurs réinvestissent aux conditions actuelles, nettement plus rémunératrices. Good Value for Money chiffre cet effet à 0,25 à 0,30 point de rendement supplémentaire par an sur la poche obligataire. Le contexte entretient le mouvement : la Banque centrale européenne a relevé son taux de dépôt à 2,50 % le 10 septembre 2026, et le taux d’emprunt de la France à dix ans, qui était de 3,45 % en février, a dépassé 4,4 % selon la même analyse. Pour l’épargnant, ce qui renchérit la dette de l’État nourrit, mécaniquement, le rendement futur de son contrat.
Une moyenne qui cache de grands écarts
Attention toutefois à ne pas prendre cette moyenne pour une promesse : selon les données MoneyVox citées dans l’analyse de Meilleurtaux Placement, certains contrats devraient servir environ 1 % au titre de 2026, quand d’autres atteindront au moins 5,5 %, notamment grâce aux offres à taux bonifié réservées aux nouveaux versements. Entre le contrat délaissé d’une vieille bancassurance et un fonds en euros récent et dynamique, l’écart peut donc dépasser quatre points. Le choix du contrat n’a jamais autant compté.
Ce que cela change pour votre épargne #
Pour les détenteurs d’un contrat, la première conséquence est psychologique : le fonds en euros, garanti en capital, redevient un placement qui rapporte réellement, et non plus un simple parking sécurisé. La seconde est stratégique. Si votre contrat affiche des rendements durablement inférieurs à la moyenne du marché, cette période de remontée des taux est le bon moment pour faire le point : frais, performance servie ces dernières années, qualité des supports proposés.
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Rappelons qu’il est possible de transférer un contrat au sein du même assureur en conservant son antériorité fiscale, et que les versements peuvent être orientés vers des contrats plus performants sans clôturer l’ancien. Avant toute décision, prenez le temps de comparer les taux servis sur plusieurs années, pas seulement sur la dernière, et méfiez-vous des bonus spectaculaires assortis de conditions restrictives.
Rendez-vous début 2027 pour les taux définitifs
D’ici aux annonces officielles, ces projections restent à manier avec prudence : elles supposent que les taux obligataires se maintiennent et que les assureurs choisissent de distribuer la performance plutôt que de reconstituer leurs réserves. Une chose est sûre : après une décennie de baisse quasi continue, l’assurance vie en euros a retrouvé une dynamique que les épargnants n’avaient plus vue depuis longtemps. Les annonces de taux du début de 2027 diront si la promesse des 2,90 % est tenue.




