Le congé supplémentaire de naissance devait offrir aux jeunes parents un ou deux mois de plus auprès de leur bébé. Pour une partie d’entre eux, il s’accompagne d’une mauvaise surprise : la mutuelle et la prévoyance d’entreprise ne sont plus assurées pendant ce congé, sauf si l’employeur verse un complément de salaire. Un député veut corriger ce trou dans la raquette. Voici ce que dit la règle aujourd’hui et les réflexes à avoir avant de partir.
Plan de l'article
Un congé indemnisé par la Sécurité sociale depuis le 1er juillet #
Le dispositif est en vigueur depuis le 1er juillet 2026. Selon Service-Public.fr, chaque parent peut prendre de 1 à 2 mois de congé indemnisé, ensemble ou à tour de rôle, et le fractionner en deux périodes d’un mois. Pour les salariés du privé, la Sécurité sociale verse des indemnités journalières de naissance égales à 70 % du salaire plafonné le premier mois, puis 60 % le second. Le salaire retenu est plafonné au plafond de la Sécurité sociale, soit 4 005 euros en 2026, et calculé sur les trois derniers mois avant le congé.
Le revenu baisse donc. Mais une autre perte, moins visible, touche la protection sociale complémentaire.
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Pourquoi la mutuelle d’entreprise peut s’arrêter #
Pendant le congé supplémentaire de naissance, le contrat de travail est suspendu. Comme l’explique BFM Business dans un article du 7 novembre, le salarié n’est alors plus censé cotiser à la mutuelle de son entreprise, et l’employeur non plus pour son compte. Résultat : pour rester couvert, le parent devrait payer la totalité de la cotisation, part salariale et part patronale.
Le maintien n’est garanti que dans un cas. « Sauf si l’employeur accorde un maintien de salaire partiel ou total, ou indirectement via un régime prévoyance financé par ses soins », précise à BFM Business Me Nelly Jean-Marie, avocate spécialisée en protection sociale.
Des familles prises de court
Les témoignages recueillis montrent l’impact concret. Une jeune mère a découvert la suspension en appelant sa mutuelle, en pleine série de rendez-vous médicaux pour sa fille. Un père de 31 ans, dans le Val-de-Marne, raconte avoir enchaîné les consultations chez le pédiatre « à plus de 90 euros et zéro remboursement, même partiel, des dépassements d’honoraires facturés ». La Sécurité sociale continue de rembourser sa part, mais tout ce que prenait en charge la complémentaire reste à la charge de la famille.
Le gouvernement a changé de réponse #
Le sujet a remonté jusqu’à l’Assemblée nationale. Le député de la Loire Pierrick Courbon a interrogé le gouvernement dans une question écrite publiée le 1er septembre. Selon BFM Business, une première réponse publiée le 29 septembre indiquait que « l’employeur reste tenu de verser la contribution à la couverture complémentaire santé habituelle durant la période de suspension ».
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Un rectificatif publié le 20 octobre est revenu sur cette lecture : « l’employeur ne peut être tenu de verser la contribution à la couverture complémentaire santé habituelle durant la période de suspension que s’il existe un maintien de salaire ou des indemnités journalières complémentaires financées au moins en partie par l’employeur ». Autrement dit, sans complément de salaire, pas d’obligation de maintien.
Mutuelle et prévoyance logées à la même enseigne
La prévoyance collective, qui couvre notamment l’incapacité, l’invalidité ou le décès, suit la même logique quand elle est cofinancée par le salarié et l’employeur. Son maintien dépend donc, lui aussi, de ce que prévoit l’entreprise.
Ce qui pourrait évoluer #
Pour l’avocate interrogée par BFM Business, il y a « de fortes chances » que le sujet devienne un thème de négociation dans les branches ou lors des prochaines négociations annuelles obligatoires en entreprise. Un accord qui prévoirait un maintien partiel ou total du salaire garantirait de fait le maintien de la protection complémentaire. Le député Pierrick Courbon, de son côté, cherche une solution législative. Rien n’est acté à ce stade.
Les réflexes avant de partir en congé #
Si vous envisagez ce congé, quelques démarches simples évitent les mauvaises surprises.
Relisez l’accord d’entreprise et la convention collective. Certaines prévoient déjà un maintien de salaire pendant les congés liés à la naissance. Dans ce cas, la mutuelle et la prévoyance suivent.
Interrogez par écrit votre service RH. Demandez si un complément de salaire ou d’indemnités est prévu, et ce qu’il advient de vos garanties santé et prévoyance pendant l’absence.
Appelez votre mutuelle avant le départ. Faites-vous préciser si la couverture est suspendue et, si vous pouvez la maintenir à vos frais, à quel coût exact. Comparez ensuite avec les dépenses de santé attendues pendant ces semaines, souvent nombreuses avec un nourrisson.
Vérifiez la couverture de l’autre parent. Si votre conjoint dispose d’une complémentaire qui peut couvrir les ayants droit, rattacher l’enfant, voire vous-même, peut être une solution temporaire.
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Gardez vos justificatifs. Factures et décomptes pourront être utiles si votre situation est régularisée ensuite ou si un accord vient étendre le maintien des garanties.
En attendant une éventuelle clarification, la règle est simple : sans complément de salaire versé par l’employeur, la protection complémentaire n’est pas garantie pendant le congé supplémentaire de naissance. Mieux vaut le savoir avant de signer sa demande.




