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Plan épargne dépendance : l’idée d’un PER prolongé jusqu’à 80 ans pour financer la perte d’autonomie

Un nouveau placement pourrait un jour prendre le relais du plan d’épargne retraite au moment où l’on quitte la vie active. Dans un rapport parlementaire consacré à la croissance et à la transmission des TPE et PME, la députée Renaissance et ancienne ministre Olivia Grégoire propose de créer un « plan épargne dépendance », ou PED. L’idée est simple sur le papier : garder une partie de son épargne retraite de côté, bloquée, pour faire face au coût d’une éventuelle perte d’autonomie.

Le projet n’est pour l’instant qu’une proposition. Il n’existe ni texte voté, ni produit commercialisé. Mais il pose une question que beaucoup de futurs retraités se posent déjà : comment financer une aide à domicile, l’adaptation du logement ou un hébergement en Ehpad sans entamer trop tôt son capital ?

Ce que prévoit la proposition d’Olivia Grégoire #

Selon RMC Conso, le PED figure parmi les 26 propositions de ce rapport remis au gouvernement. La députée le présente comme un « prolongement naturel du plan d’épargne retraite (PER) ».

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Le mécanisme envisagé est le suivant. Au moment de débloquer son PER, l’épargnant pourrait réinvestir tout ou partie du capital constitué dans cette nouvelle enveloppe. Les sommes y resteraient ensuite bloquées pendant dix à quinze ans. Pour quelqu’un qui liquide son PER à 65 ans, l’argent redeviendrait donc disponible entre 75 et 80 ans.

Le PED bénéficierait des mêmes avantages fiscaux que le PER. Les détails de cette fiscalité ne sont pas encore précisés : ils dépendront du texte qui sera, ou non, déposé.

Une épargne fléchée vers les PME

C’est l’autre volet de la proposition, et sans doute sa vraie raison d’être. Les fonds placés sur le PED seraient investis dans des PME, cotées et non cotées. La députée y voit « exactement du capital patient dont le non coté a besoin, et que les enveloppes de court terme ne peuvent fournir », rapporte RMC.

Le rapport reconnaît le risque. L’épargnant « serait informé des risques », et l’allocation « pourrait être progressivement sécurisée à l’approche de l’échéance », selon les extraits cités. Un fonctionnement proche de la gestion pilotée que l’on connaît déjà sur les PER, où la part des supports risqués diminue à mesure que l’on approche de la date de sortie.

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Pourquoi l’âge de 75 à 80 ans ? #

Le calendrier n’est pas choisi au hasard. RMC rappelle, en s’appuyant sur l’Insee, que l’âge moyen de début de la perte d’autonomie est estimé à 78 ans pour les hommes et à 83 ans pour les femmes. Un placement qui se débloque autour de ces âges arrive donc au moment où les dépenses liées à la dépendance commencent à peser.

Le contexte budgétaire joue aussi. Le même article rapporte que les ménages de 70 ans et plus épargnent en moyenne 25 % de leurs revenus, contre 8 % pour les moins de 30 ans, d’après une note de conjoncture de l’Insee. Le gouvernement reproche aux seniors une épargne de précaution jugée excessive. Le PED propose une autre lecture : cette prudence répond à une crainte réelle, celle de ne pas pouvoir payer sa dépendance.

Ce que cela changerait par rapport au PER actuel #

Le PER, en place depuis le 1er octobre 2019, fonctionne déjà comme une épargne bloquée. Comme le détaille la fiche officielle de Service Public, il permet d’obtenir à partir de l’âge de la retraite un capital ou une rente, avec des cas de déblocage anticipé (achat de la résidence principale, invalidité, décès du conjoint, notamment).

Aujourd’hui, une fois le PER débloqué, rien n’oblige à garder l’argent pour plus tard. Beaucoup d’épargnants le replacent sur un contrat d’assurance vie, qui reste disponible à tout moment. Le PED ferait l’inverse : il imposerait un second blocage, en contrepartie d’un avantage fiscal maintenu.

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Les points qui restent à trancher

Plusieurs questions n’ont pas encore de réponse. Que deviendrait l’épargne si le titulaire décède avant la fin du blocage ? Pourrait-on la débloquer plus tôt en cas d’entrée en dépendance avant 75 ans ? Comment serait-elle imposée à la sortie, sachant que la sortie du PER est déjà imposée lorsque les versements ont été déduits ?

Ces points seront décisifs. Un produit bloqué quinze ans et investi en non coté ne conviendra pas à tout le monde, surtout après 65 ans, quand l’horizon de placement se raccourcit et que le besoin de liquidités peut surgir brutalement.

Où en est le projet ? #

Pour l’instant, rien n’est acté. Midi Libre présente le dispositif comme une piste de la députée, et RMC précise qu’elle a assuré aux Échos vouloir en faire une proposition de loi. Il faudra ensuite qu’elle soit inscrite à l’ordre du jour, débattue et votée, dans un calendrier parlementaire déjà chargé par les textes budgétaires de 2027.

En attendant, rien ne change pour les détenteurs d’un PER. Ceux qui veulent anticiper le coût de la dépendance disposent déjà de plusieurs outils : l’assurance vie, qui offre souplesse et cadre successoral, et les contrats de prévoyance dépendance, qui versent une rente en cas de perte d’autonomie reconnue. Le bon choix dépend de l’âge, du patrimoine et de la situation familiale. Un point avec un conseiller reste la meilleure façon de bâtir une stratégie avant de miser sur un produit qui n’existe pas encore.

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